J’ai lu « Risk » de Fleur Ferris

Titre : Risk

Auteur : Fleur Ferris

Éditeur : Hugo et compagnie

Collection : New way

Date de parution : 2015

Nombre de pages : 300

Résumé

« Taylor et Sierra sont meilleures amies depuis toujours. Même si Taylor en a parfois un peu marre : pourquoi est-ce toujours Sierra qui obtient tout ce qu’elle veut ? Notamment ce Jacob Jones, qu’elles ont rencontrées ensemble sur un chat en ligne. Évidemment, c’est Sierra qui, encore une fois, décroche un rendez-vous !

Mais le lendemain, Sierra ne rentre pas. Le jour suivant, toujours pas de nouvelles… Son amie a une fâcheuse tendance à vivre comme bon lui semble, sans forcément penser à prévenir les autres. Est-ce que Taylor ne s’inquiète pas pour rien ?

Seulement au bout de trois jours, Taylor doit tout avouer aux parents inquiets, et les deux familles se retrouvent plongées dans un monde qu’elles n’auraient jamais cru connaître. Celui des enquêtes policières, des témoignages, des indices, de la recherche d’un ravisseur… ou d’un tueur ? »

Mon avis

Ce roman est un bon roman qui parle de manière réaliste et effroyable des dérives et du danger des réseaux sociaux. Tous les adolescents devraient lire se livre ainsi que chaque parent, cela permettrait de se comprendre les uns les autres et de comprendre les risques auxquels nous nous exposons sur le net souvent sans nous en rendre compte.

Sierra et Taylor sont deux meilleures amies que tout oppose. L’une est sûre d’elle alors que l’autre manque de confiance en elle. L’une est exubérante alors que l’autre est plus introverti, l’une est populaire et l’autre vit un peu dans son ombre. Alors quand Jacob, le garçon rencontré sur mysterychat commence à s’intéresser à Taylor, celle-ci croit enfin qu’un garçon l’a remarqué ! Mais lorsqu’elle apprend qu’il a aussi chatté avec Sierra et que c’est elle qui décroche un rendez-vous, elle ne peut s’empêcher d’être jalouse de son amie qui encore une fois a retenu toute l’attention.

Quand la jalousie t’aveugle…

Lorsque Sierra demande à Taylor de venir avec elle au rendez-vous, celle-ci refuse aveuglée par la honte et la jalousie. Elle ne veut pas que le garçon puisse voir sa gêne et surtout elle est jalouse de sa copine et ne veut pas lui montrer. Alors quand Sierra l’appelle pour lui dire qu’elle va passer la nuit avec ce garçon, elle éprouve encore une fois de la jalousie. Le lendemain, ne l’ayant pas rappelé comme convenu, elle éprouve de la colère ! Son amie n’en fait encore une fois qu’à sa tête et en a rien à foutre des autres ! Elle cherche encore une fois à attirer l’attention sur elle, que les gens s’inquiètent pour elle, puis elle reviendra comme une fleur…

Cependant, deux jours plus tard, toujours aucune nouvelle de Sierra. Aveuglée par l’innocence et la jalousie, Taylor n’a pas vu le danger auquel s’est exposé son amie. L’insouciance et la rapidité des sentiments adolescents est ici bien présente. J’aurais aimé que l’auteur s’attarde un peu plus sur le « prédateur » et la façon qu’il a de mettre des jeunes filles dans ses filets et les amener à tomber amoureuse de lui. Je trouve que la rencontre avec Sierra a vite été expédiée et la façon qu’il a eu de procéder également.

Comment un prédateur appâte sa victime ?

On apprend cependant que le « prédateur » fait tout pour mettre en confiance la jeune fille. Il l’amène à lui parler de ses centres d’intérêt qu’il s’approprie et en fait les siens, jusqu’à faire croire à la jeune fille qu’ils aient pu se trouver au même endroit au même moment sans rien en savoir. Là la jeune fille trouve cela alors incroyable et pense être tomber sur le prince charmant ! Il l’a dans ses filets…

Ce roman ne se lit pas comme un roman. Il se lit comme une histoire vraie. Cette histoire est arrivée et peut arriver à n’importe quelle jeune fille crédule derrière son ordinateur. Ce roman démontre bien qu’on ne sait jamais à qui l’on à affaire réellement et que des prédateurs se cachent derrière des profils d’adolescents pour mieux ferrer et apprivoiser ces jeunes filles innocentes, naïves et en recherche du grand amour !

Attention spoilers !

L’enquête policière avance assez vite une fois que Taylor parle et ils retrouvent rapidement Sierra. Seulement il est trop tard. Son amie va alors culpabiliser de ne pas avoir parlé plus tôt. Elle se rend compte que son amie s’est mise en danger et que cela aura pu être elle, elle-même qui était aussi tombée amoureuse de ce Jacob Jones et qui aurait également accepté de le rencontrer.

Quand Sierra est morte, et qu’il restait une moitié de livre, je me suis demandée de quoi ça allait bien pouvoir parler… Mais ce livre parle du deuil, de l’amitié, des rencontres, des sentiments et des dangers d’Internet. La deuxième partie du livre est consacré au fait que Taylor ne veut pas que l’histoire de son amie soit impunie. Elle décide alors de créer un blog pour sensibiliser les autres adolescents aux dangers du net. Ceci sera applaudit par sa mère, ainsi qu’un prof et le proviseur du lycée. La maman de Sierra quand à elle, mettra un temps à pouvoir reparler à Taylor et à lui pardonner. Elle a besoin de se pardonner elle-même d’avoir livré Sierra à elle-même…

Transformer sa colère en chose utile

Taylor est d’abord en colère contre son amie, contre elle-même puis pour finir contre ce Jacob qui les a bernées. Cette colère elle va la transformer en force et c’est pourquoi elle créé ce blog non seulement en mémoire de son amie mais également pour sensibiliser les autres jeunes filles à ce qui est arrivée à Sierra. Elle espère ainsi pouvoir aider à « sauver » d’autres jeunes filles alors qu’elle n’a pas pu sauver Sierra. Et c’est ce qui va arriver d’ailleurs, elle va sauver une jeune fille du même prédateur de son amie et ainsi contribuer à son arrestation… Un bon moyen de se pardonner et d’enfin essayé de tourner la page…

La plume de Fleur Ferris est fluide et agréable à lire. Le récit est addictif et on veut connaître la suite. L’auteur ne tombe pas dans des clichés et tout est rondement mené du début à la fin. Un livre à mettre entre les mains de tout le monde : adolescents pour qu’ils se rendent compte des dangers liés à Internet mais également des parents pour qu’ils se rendent compte de quelle manière ces prédateurs tissent un lien profond avec ces jeunes filles et les amènent dans leurs filets… Le sujet est traité avec intelligence, sans tabou, prenant le risque de choquer le lecteur parfois.

Je regrette tout de même le fait que l’auteur n’insiste pas sur le fait que toutes les rencontres Internet ne soient pas forcément dangereuses. Je suis bien placée pour le dire. Ça fait dix ans que je plane de forum en forum et j’y ai pu construire certaines bonnes amitiés, j’ai eu également des déceptions, des amitiés qui au final se sont révélées destructrices une fois la rencontre passée et que j’ai du laissé de côté mais il ne faut pas diaboliser Internet et interdire à ses ados d’y faire des rencontres. Il faut un cadre, des limites et un dialogue permanent et ouvert. Mais il peut y avoir aussi de belles surprises… Et il ne faut pas l’oublier.

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Chronique : « Altitudes » sur France 3 [spoilers]

Je viens de voir le film « Altitudes » qui passait ce soir sur France 3. Pour tout vous avouer, je n’étais pas forcément très emballée par le synopsis. Mais très emballée à revoir Sagamore Stévenin que j’ai découvert dans Falco et dont j’ai adoré le jeu d’acteur. J’apprécie également Claire Borotra, alors je me suis dit pourquoi pas ?!

Et bien, je ne regrette pas du tout d’avoir abandonné le visionnage de mes séries pour me plonger dans ce film. Il a permis à mon imagination de se déclencher et m’a laissé sur une fin me laissant planer le doute. Une fin me permettant d’envisager que ce que j’avais imaginé était en fait la réalité.

Claire Borotra, Déborah Krey, Sagamore Stévenin

synopsis

Après 20 ans d’absence, Isabelle, ancienne championne d’escalade, retourne dans son village des Alpes pour l’enterrement de son père, guide de haute montagne. Elle décide d’entreprendre avec la complicité de Kenza, sa jeune protégée, l’ouverture d’une grande voie qu’elle devait réaliser avec son père avant son départ. Mais le passé et ses secrets vont resurgir à travers la figure d’Antoine, brillant alpiniste devenu cristallier, et amour de jeunesse d’Isabelle.

Mon avis

Le film débute par Isabelle qui revient donc dans son village natale dans la montagne pour les obsèques de son père. On la voit à l’église et une jeune fille vient la rejoindre. On ne connaît pas leurs liens, mais rapidement j’imagine que c’est sa fille. Une scène dans le début du film me met la puce à l’oreille quand la mère de son ex Antoine est avec elles, et qu’on voit une photo d’Isabelle et Antoine avec un bébé…

Antoine lui a refait sa vie avec le médecin du village et ils ont perdu un enfant qui avait un an lorsqu’il est mort. Leur couple ne fonctionne plus très bien. Kenza la jeune fille est montrée comme une amie d’Isabelle qui l’aurait aidée, on sait qu’elle a été de foyers d’accueil en foyers d’accueil et qu’elle ne connaît pas son père. Mais tout au long du film, mon imagination a trouvé le scénario, Isabelle et Antoine, sont les parents de Kenza.

l’ascension

Plus tard, Isabelle va vouloir monter une montagne pour rendre hommage à son père en y déversant ses cendres, mais étant atteinte d’une maladie dégénérative, elle se fatigue très vite. Kenza, ayant cru l’avoir dissuadée, se réveille en pleine nuit, remarquant qu’elle est partie, elle appelle Antoine et ils se lancent à sa poursuite. Kenza qui commence à se poser des questions, demande à Antoine ce qui s’est passé il y a vingt ans mais celui-ci ne répond pas.

Plus tard, lorsque Isabelle se repose, il lui dit qu’il était fou d’elle et qu’il voulait un enfant avec. Mais qu’un jour elle est tombée enceinte, et n’était pas de cet avis, elle disparait puis revient et on comprend alors qu’elle a avorté. Mon cerveau refuse cette information, je reste persuadée dans mon idée et n’en démord pas. Imaginant qu’Isabelle ne va pas faire long feu, je la voyais déjà mourir au sommet en leur annonçant cette nouvelle. Non, ils redescendent et l’emmènent voir le médecin. Celle-ci leur dit qu’il n’y en a plus pour longtemps, et dans une scène où Isabelle est avec le docteur, on l’entend lui faire promettre une chose.

les signes

Là encore j’imagine qu’elle lui a dit et qu’elle veut que ce soit elle qui leur annonce… Mais on ne voit jamais clairement la chose se dire, le médecin dira simplement à Kenza, qu’elle ressemble fortement à Isabelle à son âge. A la fin, à sa mort, Isabelle laisse une lettre à Kenza, là encore je me dis qu’elle va lui dire la vérité et non. Elle lui lègue l’hôtel et lui dit qu’elle en fera ce qu’elle voudra avec qui elle voudra.

Deux ans plus tard, on voit Kenza qui est devenue guide dans la montagne, et Antoine la regarde de loin, et lui envoie un bisous… Le film se termine comme ça, à chacun d’en faire son interprétation. La mienne, je me la suis donc faite dès le début. Kenza est bien la fille d’Antoine et Isabelle.

tout de même une incohérence dans mon scénario ?

Je note tout de même une petite incohérence à mon scénario. En effet, la photo qui montre Antoine, et on imagine Isabelle avec un bébé, s’il croyait qu’elle avait avorté, signifiait quoi ? Parce-qu’en fait cette photo, j’ai l’impression que c’est Antoine et Isabelle il y a 20 ans avec un bébé. Or s’il croyait qu’elle ne l’avait pas gardé ? A moins que ce ne soit une photo d’Antoine avec le médecin et leur bébé mort à un an ?… J’ai trouvé que lorsqu’on a vu la scène de la photo, on a vu la mère regarder sa fille qui voyait cette photo et qui était mal à l’aise… Pour moi ça voulait dire, qu’elle savait que c’était sa fille…

scènes et jeu d’acteurs

Le jeu d’acteurs est époustouflant. La jeune Déborah Krey qui interprète Kenza, est très convaincante. L’interprétation des trois acteurs principaux est juste. Les paysages sont magnifiques. Le scénario reste classique et sans surprise. Plusieurs scènes sont prévisibles. J’imagine que tout le monde aura eu plus ou moins la même interprétation. A mon avis, il y en a deux différentes. Cependant, j’aime beaucoup l’idée que justement rien n’est clairement dit et le fait de laisser le spectateur dans sa propre imagination et le propre scénario qu’il s’est inventé au fil du film… J’ai passé un très bon moment devant ce film du réalisateur Pierre-Antoine Hiroz. Et vous, vous avez regardé ? Vous avez bien compris comme moi ?

une fin selon la propre imagination de chacun ?

J’ai échangé sur Twitter avec un réalisateur qui regardait le film avec l’actrice qui jouait Kenza. Il a lu mes hypothèses. Il a aimé les lire, et me laisse aussi dans mon suspens. Me disant que mon imagination doit faire la suite. Une autre personne a pris par à notre conversation et elle, elle pense comme ma maman. A savoir que Kenza et Isabelle étaient vraiment amies et que Kenza serait maintenant avec Antoine… Le réalisateur qui commentait avec nous a alors dit à cette autre fille que c’était ça mais moi je préfère ce que mon imagination m’a dictée… Il a aussi dit que notre imagination doit nous donner la réponse. Alors je pense que la réponse est personnelle et propre à l’interprétation de chacun. J’aime ce genre de film qui laisse place à diverses fins… Alors, c’est quoi votre idée à vous ?

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Mon avis sur « Amelia », le roman de Kimberly McCreight

Titre : Amelia

Auteur : Kimberly McCreight

Éditeur : Le Cherche Midi

Collection : Thriller Le livre de poche

Date de parution : 2013

Nombre de pages : 569

Résumé : « À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. Jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel du lycée qui lui demande de venir de toute urgence. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement. Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question :  » Amelia n’a pas sauté.  » Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. À travers les SMS, les mails d’Amelia, les réseaux sociaux, elle va tenter de reconstruire la vie de son enfant afin de comprendre qui elle était vraiment et ce qui l’a poussée à monter sur le toit ce jour-là. La réalité qui l’attend sera beaucoup plus sombre que tout ce qu’elle avait pu imaginer. »

Mon avis : Dès le début du roman, on est pris dedans. Le roman est divisé en deux. Les chapitres du présent où l’on suit l’enquête sur le suicide de sa fille est les chapitres du passé qui retranscrivent les dernières pensées d’Amelia ses derniers jours de vie.

On est plongé au cœur du système scolaire américain et ses sororités au fonctionnement secret. Le roman évoque le mal-être des adolescents : leurs premiers amours, premières expériences en tous genres et les mécanismes du harcèlement tout en utilisant les technologies modernes, tels que les réseaux sociaux.

En effet, on retrouve ainsi tout au long du roman des articles de blog d’un journal à potins du lycée qui nous rappelle l’univers de la série Gossip Girl, des SMS échangés entre Amelia et ses amis etc etc…

En alternant entre les deux points de vue, le roman est rythmé et le suspens est à son maximum. L’enquête est très prenante avec pas mal de rebondissements. On se met à soupçonner tout le monde et pourtant la fin réussit à nous surprendre.

Ce livre évoque à travers le suicide, le deuil. Une mère qui pensait être proche de sa fille mais qui découvre qu’il y a pleins de choses d’elle qu’elle ne savait pas et qu’elle ne soupçonnait pas que celle-ci se sentait si délaissée. Grâce à l’enquête, elle va le découvrir petit à petit. Elle va se sentir coupable même car une des scène du livre raconté par le point de vue de Kate apparaît comme une lubie de sa fille mais quand on découvre à travers le point de vue d’Amelia qu’il s’agissait en fait d’un véritable appel à l’aide désespérée face au harcèlement subi, elle se rend compte qu’elle est passée à côté des problèmes de sa fille.

Les non-dits et toutes ses incompréhensions entre mère et fille conduisent au drame. A travers cette recherche de vérité, le roman aborde de façon juste et poignante tout ce qui touche à l’adolescence : premiers amours, trahisons, harcèlement, secrets… Le roman est addictif, on ne veut pas le lâcher avant de connaître le dénouement.

Les personnages sont attachants. On découvre une adolescente fragile qui n’a pas connu son père et se sent délaissée par une mère overbookée par son travail et une mère qui elle se rend compte petit à petit de ses erreurs, qu’elle ne connaissait finalement que très peu sa fille et qu’elle n’a que très peu profité d’elle.

Tant de questions nous hantent pendant la lecture. A-t-elle sauté ? Pourquoi ? L’a-t-on poussé ? Mais qui ? Et pourquoi ? On croit résoudre un mystère mais un autre surgit jusqu’au dénouement final qui nous surprend malgré tout !

Un bon roman, une lecture bouleversante et intrigante qu’il faut mettre entre toutes les mains ! Un thriller au suspens haletant qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout.

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Ma première chronique : « Blog » de Jean-Philippe BLONDEL

Titre : Blog

Auteur : Jean-Philippe BLONDEL

Éditeur : Actes Sud Junior

Collection : Romans ado

Date de parution : Mars 2010

Nombre de pages : 114

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Résumé : « Le blog, c’était mon espace privé. Mon domaine. Et il a tout salopé. Je trouve ça dégueulasse. Ma révolte, je la revendique. Parce qu’il ne s’y est pas rendu qu’une fois. Il l’a suivi, pisté, décortiqué. Quand je suis en face de lui, maintenant, j’ai l’impression de me promener nu en pleine ville ».

Révolté par cette trahison, le narrateur décide de ne plus adresser la parole à son père. Pour se racheter, ce dernier lui fait un don… une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence. Un roman de la filiation et de l’écriture intime.

Mon avis (spoilers) : J’ai choisi ce livre à son titre, en tant que blogueuse, j’ai été intriguée par l’histoire et ce qu’elle allait me réserver. Je ne suis pas déçue. J’ai trouvé ce livre criant de vérité, de simplicité et de réalisme. En tant que blogueuse, je me suis pas mal retrouvée dans les pensées du narrateur en ce qui concerne le fait de bloguer et ce que ça lui apporte.

Révolté par ce qu’il éprouve être une trahison de la part de son père, le narrateur décide de ne plus lui adresser la parole. Ce dernier blessé, se rachète en lui offrant un carton qu’il avait laissé au grenier jusqu’alors. Il y trouvera alors les différents journaux intimes tenus par son père alors qu’il avait son âge, en pleine adolescence.

Il considère l’acte de son père comme un viol. Il se met à nu sur son blog en y dévoilant ses pensées et émotions les plus intimes. Le jeune homme va alors découvrir le passé secret de son père et apprendre son adolescence à travers les journaux qu’il lui laisse. Il va découvrir ce père qui jusque là lui était finalement inconnu.

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Ce livre se lit très facilement et d’une seule traite. L’écriture est fluide, simple, parfois poétique. Le déroulement des événements se fait à travers les yeux du narrateur et j’ai beaucoup apprécié l’évolution du personnage tout au long du récit, à travers les différents sentiments qui le traversent après la trahison de son père jusqu’à la découverte de l’adolescence de son père et de ce qu’il a caché à tout le monde jusque là : rage, colère, incompréhension puis compréhension et enfin pardon…

Ce livre amène une réflexion sur la tenue d’un blog et du fait que l’autre peut nous découvrir d’une façon totalement différente à travers cela car nous y livrons beaucoup de nous-mêmes. D’où l’effet pervers et la différence entre journal intime que l’on cache et blog que l’on expose à tout le monde…

Le fait de lire les journaux intimes de son père fait que l’adolescent apprend vraiment à le connaître et surtout à le comprendre, et à comprendre pourquoi finalement, il n’a pas pu s’empêcher de lire son blog une fois qu’il a su par ramifications qu’il en tenait un. La curiosité est un vilain défaut et il devient difficile de refermer la boîte de Pandore une fois qu’on l’a entrouverte.

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On ne s’imagine pas ce que renferme le carton malgré qu’on se doute qu’il va s’en échapper des non-dits et une vérité, celle-ci est surprenante et subtilement bien amenée. Cette vérité qui va réconcilier père et fils et transformer le jeune adolescent en un jeune adulte beaucoup plus mûr et mature. Même s’il avait l’air de l’être déjà, on sent bien que ça l’a transformé, ça l’a fait se poser les bonnes questions et comprendre un peu plus la vie adulte.

La plume s’adapte parfaitement à des ados mais aussi à des adultes peu désireux de tomber dans des clichés que l’on retrouve parfois dans les romans ados. Le livre se prête à l’identification personnelle, traite des premiers émois amoureux, des relations parents / enfants parfois difficiles ainsi que des principales préoccupations adolescentes.

J’ai beaucoup aimé la fin qui se termine sur une note de réconciliation à travers ce qui les a séparé au début. Ce livre est touchant, bouleversant et à mettre entre toutes les mains même celles des parents désireux de comprendre pourquoi leurs chères tête blondes ont besoin de se dévoiler à travers un blog.

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Ce livre est même une spéciale dédicace à nous autres, blogueurs et blogueuses, comment réagiriez-vous si un proche auquel vous n’avez pas parlé de votre blog le lisait en secret puis en faisant des boulettes vous amenant à savoir qu’il vous lit ? Personnellement, je comprends parfaitement le narrateur et son impression de viol et de trahison, ça m’est arrivé lorsque une proche voyant l’existence de ce blog sur mon FB avait rapporté à un autre proche un de mes articles et que cette personne s’en était offusquée… Je parle parfois de mes relations difficiles aussi avec ma famille et cette personne, même si je pouvais comprendre qu’elle ait été touchée n’a certainement pas pu comprendre ma démarche… C’est souvent ce qui se passe, l’incompréhension entre non-blogueur et blogueur ayant besoin de se livrer…

Alors on pourrait tenir un journal intime mais le but d’un blog est de partager, de recevoir des avis, des opinions, et de comprendre à travers les commentaires, qu’on l’on est pas seul, ou du moins que l’on est compris… Je pense que c’est un acte un peu solitaire à la base, surtout pour les blogueurs humeurs, qui ont ce besoin de se livrer ici, comme ils ne se livrent jamais à personne d’autre…

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