Faut-il préférer le bonheur à la vérité ? #BacPhilo2006

Il y a dix ans déjà, je passais le bac. Pour la seconde fois, j’avais redoublé ma terminale. En même temps, la première année, je n’avais rien foutu et je n’en avais rien à foutre, donc j’ai comme je m’y attendais échoué littéralement !

La seconde année, j’avais tellement peur d’échouer une seconde fois que je l’ai révisé comme une dingue. Toute l’année ! J’ai eu de très bonnes notes pendant l’année scolaire et j’ai donc réussi le bac avec une mention ! Assez bien, certes mais une mention quand même !

Demain, les terminales qui passent le bac vont plancher sur la philosophie. Pour l’occasion, j’ai eu envie de ressortir mon sujet de 2006 ! J’avais eu 3 sujets au choix et j’avais choisi le premier : « Faut-il préférer le bonheur à la vérité? »

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J’avais même gardé mes brouillons alors, je vais essayer de reprendre à la question à nouveau. Le bonheur est difficile à définir dans la mesure où il est relatif. Le bonheur diffère selon les personnes. Pour certains, ce sera le plaisir, d’autres, la gloire, d’autres encore, l’argent ou les bonheurs entre amis ou famille. La vérité, elle, se distingue en deux : les vérités de fait et les vérités de raison.

Voilà une partie de ce que j’avais du mettre en introduction, et je vous avoue que là, je ne me souviens pas vraiment ce que j’appelais vérité de fait et vérité de raison. Je me posais ensuite les questions suivantes : le bonheur est-il le but premier de la vie ? Comment accéder au bonheur ? Cependant, un homme qui satisfait son bonheur est-il vraiment heureux ? Accèdent-ils à des vérités suprêmes ? Cependant, ces vérités nous rendent-elles heureux ? Que faut-il faire pour être heureux ?

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J’avais donc décliné ma dissertation en 3 parties :

  1. Le bonheur est préférable à la vérité car il nous rend heureux
  2. Toutes les vérités ne nous rendent pas heureux
  3. L’homme doit agir pour son propre bonheur et se rendre digne d’être heureux.

1. Le bonheur est le but suprême de la vie. Dans la vie, nous poursuivons des fins multiples dans la mesure où ces fins ne sont que des moyens à des fins qui leur sont supérieures. Par exemple, le but du pêcheur est de pêcher mais cela n’est qu’un moyen pour manger et ainsi de suite. Mais alors, qu’est-ce que la fin suprême ? Pour les hommes, la fin suprême c’est le bonheur. Il faudrait satisfaire nos désirs. Manger, boire, dormir sont des besoins d’ordre biologique. Un désir est une démarche d’amour indéterminé. Il faut faire la distinction entre désir et besoin. Le désir est l’essence de l’homme. Il est à l’origine de l’angoisse. Il est ce qui pousse les hommes à toujours se surpasser. Refuser le désir serait refuser la vie car il est l’essence même de l’homme. « Je désire le désir de l’autre. Je désire que l’autre me désire ».

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2. L’homme s’accorde à dire que le bonheur est le but suprême de la vie mais il ne sait pas ce qui va le rendre heureux. Selon Aristote (t’as vu, j’avais sorti des philosophes et tout !), pour la foule, le bonheur est dans les plaisirs. Cependant, une vie consacrée au plaisir est une vie bestiale, elle n’est pas digne de l’homme. Une vie consacrée à la gloire, aux honneurs ne peut pas être une vie heureuse car la gloire peut disparaître du jour au lendemain. Alors qu’est-ce qu’une vie heureuse ? Pour Aristote, le bonheur c’est la vertu, c’est-à-dire la perfection, comme pour un guitariste qui ne sera pas heureux quand il jouera de la guitare, mais qui sera heureux quand il en jouera bien. Pour Kant, le bonheur est un idéal de l’imagination et non un idéal de la raison. Chacun imagine ce qui va le rendre heureux et donc le bonheur va être différent pour chacun des êtres. Nous focalisons tous nos désirs dans l’imaginaire. Nous ne pouvons pas assouvir tous nos désirs. Un homme qui aurait assouvi tous ses désirs ne serait pas un homme heureux. De plus, en assouvissant ses désirs, l’homme peut être malheureux. L’homme peut faire son malheur à toujours rechercher à satisfaire ses désirs. Si par exemple, il assouvi un désir de gloire et que celui-ci disparaît, il sera malheureux. Selon Bernard Shaw : « Il y a deux sortes de malheur : désirer ce que nous n’avons pas et avoir ce que nous ne désirons pas ». L’homme pour être heureux devrait rechercher la vérité. Il vaut mieux accéder à la vérité qu’au bonheur ainsi on sera heureux car nous aurons l’impression de tout connaître.

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3. Certaines vérités sont cependant des mensonges et toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Pour être heureux, l’homme doit se rendre digne d’être heureux. Il doit agir par devoir. Il ne faut pas à tout prix rechercher le bonheur. Il faut apprendre à être heureux des petites choses et à prendre les choses comme elles viennent. Il faut agir en son sens, faire ce qui nous semble qui nous rendra heureux, se donner les moyens d’arriver à ses fins et d’obtenir ses désirs. Il faut être acteur et non spectateur de sa vie pour être heureux.

Pour conclure, nous pouvons dire que pour les hommes, le but suprême de la vie est le bonheur. Ils s’accordent à dire cela mais sur la façon d’être heureux, ils sont dans les ténèbres. Il n’y a pas une façon d’être heureux mais plusieurs. Le bonheur est relatif. Il appartient à chaque homme de définir ce qui le rendra heureux. Pour certains, ce sera la gloire, d’autres le désir. Cependant, ces désirs sont éphémères dans la mesure où ils peuvent s’ils sont s’atteints disparaître du jour au lendemain. Ainsi, ces désirs nous rendent malheureux. Il faudra donc accéder à des vérités pour être heureux. Cependant certaines vérités peuvent être mensongères ou blessantes. L’homme doit donc agir par devoir. Il se rendra ainsi digne d’être heureux. Il ne faut donc pas être heureux à tout prix mais plutôt se rendre digne du bonheur.

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Voilà ce que j’ai écrit à peu près (pas facile de m’y retrouver dans mes brouillons!) il y a dix ans. Aujourd’hui, si je réponds à la question, j’aurais tendance à penser qu’il vaut mieux être heureux que savant, mais qu’un non savant ne peut être heureux. Il faut du savoir pour être heureux mais le savoir rend aussi malheureux. Rien qu’à regarder les informations en ce moment… Je pense que le bonheur est tellement relatif et je pense toujours qu’il faut agir pour son propre bonheur. Quand à la vérité, j’avoue ne plus savoir trop quoi en penser…

PS : J’avais eu 13 !

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  1. Cette idée que tu as eu, je la trouve magnifique. De mon bac L, j’ai gardé tous mes sujets de philo étudiés durant l’année. Je ne me suis pas pris le temps jusqu’alors, mais l’idée me traîne dans la tête de les ressortir. De les retravailler, encore, autrement peut-être… De me replonger dans un Lévi-Strauss ou un Kant. Ou encore dans un Descartes ou un Epicure — mon fétiche. Ton sujet, il y a dix ans, était de profonde réflexion. Et j’aime la manière dont tu l’as traité. Ça m’a donné envie de replongé mon esprit dans ce tiroir de philo, fermé depuis 5 ans. Ou presque, car chaque année j’avoue y ajouter la liste des sujets qui sont tombés… Dans l’idée d’un jour peut-être les travailler.
    De mon bac malheureusement, je ne crois pas avoir gardé les brouillons. Pourtant, un splendide 18 m’avait assuré la mention bien et une très grande satisfaction. Faut dire que sur le moment, rebelle en carton, du haut de mes 18 ans j’ai brûlé mes sujets et brouillons avec mes copains autour d’un feu de camp autour d’une bouteille et de jeux débiles de notre jeunesse à la campagne 😉
    Bref, tu m’as donné envie de m’y remettre vraiment. J’ai fais la paix avec la philo depuis 5 ans et surtout l’âge avançant, je n’ai plus honte de dire que c’est sans doute la seule matière d’écolière que j’aimais (et que j’aime)… vraiment.

  2. Raaah la philo décidément c’est pas mon truc. Pas que je ne trouve pas ça intéressant (parce que j’en ai eu aussi à la fac et – quand c’est bien expliqué – c’est intéressant – même si ça me laisse un peu de marbre) mais j’avoue ne jamais avoir compris l’intérêt de cette épreuve au bac, surtout à un tel coefficient. Cela dit, t’étais inspirée !! Perso au bac, malgré les entrainement que j’avais eu en dissert (et j’avais eu de bonnes notes), le jour J, j’ai pas été inspirée, j’ai choisi le commentaire et j’ai eu 9 🙁 (mais bon osef, j’ai quand même eu mon bac).

      1. Facultative, je sais pas, car selon les études que tu veux faire, ça peut être utile. Mais disons pas autant renforcer. Disons qu’il faudrait (selon moi) surtout garder des notions culturelles.

  3. C’est marrant de se replonger dans ces épreuves de Bac, moi j’avais pris un commentaire de texte de popper mais pour tout avouer je ne me souviens plus vraiment du sujet… Et en ce qui concerne le sujet je dirai qu’il est très facile d’être heureux quand on est ignorant comme les enfants peuvent l’être car ils sont insouciants. Mais, malgré tout il serait triste de chercher le bonheur sans chercher la vérité car l’homme à soif de connaissance, la nourriture spirituel est aussi importante que celle du corps car elle nous permet de nous ouvrir au monde, de développer une certaine forme d’empathie. Donc pour moi il est possible d’être heureux sans rechercher la vérité mais il est préférable de la chercher pour accéder au vrai bonheur celui qui n’est pas passager mais qui dure dans le temps et qui est en accord avec le monde.

  4. Tu te débrouilles grave bien!
    Moi la Philo je n’avais pas eu de cours car je passais mon Bac avec le CNED et les cours étaient juste incompréhensible.J’ai du assister clandestinement au dernier cours de mes anciens amis de Lycée,
    Ce qui m’a valu un 16 mais je pense qu’en philo,tout est une question d’intérêt.Pour bien débattre en Philo il faut déjà s’intéresser à la vie et s’interroger.

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