Cette lettre que je n’attendais plus, qui me redonne espoir et me fait peur à la fois…

Hier, j’ai reçu une lettre que je n’attendais plus. Vivant chez ma maman qui était au courant de cette lettre et de cette entête qui devait potentiellement m’arriver, a ouvert le courrier avant moi. Elle savait que de toute façon, si elle me disait que le courrier était arrivé, je lui aurais demandé de l’ouvrir et de me dire son contenu.

Alors quand j’ai reçu le sms qui me disait que la lettre était arrivée et qu’elle était positive, je n’y croyais pas ! J’étais à la fois contente et tout à coup, j’avais peur aussi. Je ne vous ai pas caché ma volonté de trouver mieux. Que je n’étais pas assez mise en valeur et que le travail effectué n’était pas à la hauteur de mes compétences et d’autres raisons qui faisaient que je ne me plaisais plus au boulot.

C’est vrai que de toute façon, j’ai besoin d’un poste à 35h et pour l’instant je n’en suis qu’à 28. Alors depuis ma titularisation, je cherche ailleurs. Et j’ai postulé à cette offre, il y a un peu plus d’un mois. Une ville à une heure de chez moi, un service État Civil beaucoup plus conséquent puisqu’il s’agit d’une grande ville.

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Ils me convoquent donc à l’entretien. Je suis contente car cela signifie que ma lettre de motivation ainsi que mon CV les intéresse mais je suis à la fois flippée car actuellement je suis dans une petite commune où il y a peu d’État Civil au final, et j’ai un peu peur qu’ils me posent des questions pointues etc etc…

De toute façon, je vais le préparer un peu cet entretien, mais je vais y aller cool, j’ai déjà un boulot, c’est une opportunité pour en changer, mais ce n’est pas non plus une question alimentaire, je veux dire « ça passe ou ça casse » on verra bien. D’ailleurs, il faut que je commence à peser le pour et le contre d’une éventualité positive car ça changera alors beaucoup de choses dans ma vie actuelle, pas seulement professionnellement donc c’est à y réfléchir bien posément.

En effet, comme on dit « On sait ce qu’on perd, mais on ne sait pas ce qu’on gagne ». Et si c’était pire ailleurs ? Et si le changement de pression à l’inverse était compliqué à gérer ? Et si je n’étais pas à la hauteur ? Et si je ne m’entendais pas avec les futurs collègues ? Et si je n’arrive pas à me faire à cette ville que je détestais lorsque j’y étudiais ?

Tout un tas de questions et pas de réponses. C’est presque un coup de poker. En attendant, rien n’est fait, ce n’est qu’un premier pas dont je n’ai pas encore l’issue ça ne dépend pas que de moi ni de ma prestation à cet entretien mais également à celle des autres convoqués également. Il faut réussir à être celle qui les convaincra le plus.

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Au final, cette lettre que je n’attendais plus me rend heureuse et me fait très peur à la fois. J’ai peur de faire un mauvais choix, de partir dans la mauvaise direction, que ce soit pire après, de ne pas être dans le bon chemin, le bon cheminement pour changer de cap. Je sais que je veux changer quelque chose dans ma vie et notamment mon travail depuis très longtemps et que c’est peut-être l’opportunité qu’il me fallait mais si ce n’était pas de changer complètement de taf mais de complètement changer aussi de voie ?

C’est vrai que je me pose de plus en plus de questions à savoir si je suis vraiment faite pour une vie de bureau, derrière un écran et que l’accueil me rebute aussi un peu, je sais que j’en aurais encore mais dans un domaine bien particulier qui est censé être un domaine que je commence à connaître, même s’il y aura bien plus de particularités et qu’ayant été formée sur le tas, j’ai peur de ne pas être à la hauteur.

Je travaille en mairie, en tant qu’agent d’accueil état civil et je sais que j’aimerais plutôt travailler dans les Ressources Humaines, alors pas assistante RH ou autres, mais être l’agent qui s’occupe des paies, des avancements de carrière, de grades, d’échelons, etc etc… ça c’est l’un des postes dans ma fonction publique territoriale qui me plairait le plus, le mieux serait même au sein d’un Centre de Gestion directement et non d’une collectivité, mais j’ai postulé à ce genre de poste il y a plusieurs mois et n’ayant pas d’expériences malgré ma licence Administration Économique et Sociale mention Ressources Humaines, je n’ai pas été retenue, même pour un entretien.

Alors que faire ? Vers où aller ? J’avoue que je suis dans flou artistique…

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La fille posthume que je suis . . .

. . . est née il y a 28 ans et demi déjà. Papa est donc mort il y a 29 ans, je ne sais pas la date, je ne la connais pas. Disons que j’ai déjà eu son acte de naissance ou de décès entre les mains mais je n’arrive pas à m’en souvenir. Inconsciemment, il y a sûrement des dates que l’on préfère oublier…

Je suis fille posthume d’un papa qui a eu un accident de voiture. Les circonstances de l’accident me sont restées floues. J’ai bien vu que le sujet était tabou et que personne n’en parlait jamais à la maison. Alors je n’ai jamais osé poser trop de questions. Ce que je sais, je l’ai entendu alors que j’écoutais une conversation adulte, cachée dans l’escalier lorsque j’étais plus jeune.

Mon père était en voiture ce soir là. Il aurait trop bu. Il n’aurait jamais du prendre le volant. Mais il l’a pris. A un feu rouge, il ne s’est pas arrêté. Un impact. Bam. Mort sur le coup. Pourquoi il avait bu ? Pourquoi il a grillé le feu rouge ? Était-il vraiment bourré au point d’être inconscient et de ne pas savoir ce qu’il faisait ? Voulait-il tout simplement en finir ?

Je n’en sais rien. Mon père est mort et c’est tout. Je ne sais rien de lui. Ce qu’il aimait dans la vie, ses passions. On n’en parle pas. Ma mère nous a élevé seule mes deux grands frères et moi. Je suis la fille posthume qu’il fallait protéger. Je suis la fille posthume qu’on a trop protégée.

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Je vis avec ces questions, avec ces tourments et avec cette grande plaie béante qui ne pourra sans doute jamais se refermer. Je lui en veux. A mon père. J’ai développé une haine contre lui. Je n’ai rien pu faire d’autre. Je le hais de m’avoir privé de son amour. Je culpabilise aussi. Est-ce qu’il voulait de moi ? Il a sûrement donné de l’amour à mes frères et moi il m’en a privé.

Par sa bêtise. Bêtise d’avoir pris le volant. D’avoir conduit. D’avoir bu. J’ai développé des sentiments virulents à l’égard de l’alcool comme à l’égard de la mort. J’étais à peine sortie de l’enfance quand j’ai cru que mon frère allait tomber dans l’alcoolisme. Il enchainait les conneries pendant ses sorties du week-end. Et un jour, il a pris le volant bourré. Il ne s’en souvient plus aujourd’hui. Moi si. Ma mère aurait pu revivre ce qu’elle a vécu avec son mari avec son fils…

Alors moi, je ne bois jamais. Je ne supporte pas ça. J’ai vu mon frère devenir agressif en ayant un coup dans le nez comme on dit. Je l’ai très mal vécu. Je ne supporte pas l’alcoolisme, je ne supporte pas quand ça rend les gens agressifs. Parce-que j’ai peur. Pour moi. Pour eux. Pour les actes irréparables qu’ils pourraient commettre dans cet état. Pour les autres qu’ils pourraient croiser comme celui qui ce jour là a été percuté par mon papa…

Break

Je suis donc cette fille posthume qui pense que la vie est précieuse. Celle qui pense qu’il ne faut rien lâcher et se battre. Celle qui en veut à celui qui est parti trop tôt et qui a laissé trop de souffrances derrière lui. J’ai été élevée dans un cocon. Et ce n’est pas forcément une bonne chose. Ma maman a fait du mieux qu’elle le pouvait, comme elle pensait que c’était le mieux. Mais elle m’a surprotégée. J’ai développé cette peur de l’abandon qui me hante et a conduit chacune de mes relations amoureuses au désastre.

Tout ce poids, tout ce bagage, j’essaie petit à petit de m’en affranchir. De gravir des échelons, de surmonter mes différentes peurs et oh combien elles sont nombreuses. Il y a encore 4 mois, j’étais aquaphobe, aujourd’hui, je suis à deux-doigts de savoir nager et je suis beaucoup plus à l’aise dans l’eau. Je commence à me faire violence pour m’affranchir de mes peurs, m’affranchir de mon passé.

Je suis cette fille posthume qui a forgé son opinion sur son vécu comme chacun forge son opinion sur son propre vécu. Il est parfois difficile de s’en affranchir quand toutes les blessures que cela à engendré ne sont pas soignées. Mais j’y travaille. Tout comme Rome ne s’est pas construit en un jour, je n’y arriverais pas en peu de temps. L’amorce du changement opéré dans ma vie n’est encore que très récent. Et j’espère pouvoir gravir l’échelle que je vois devant moi.

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