J’aurais aimé être… l’inverse de celle que je suis…

Je suis une fille, une femme même. J’ai du mal à dire que je suis une femme en fait. J’ai trente ans mais je ne me sens pas du tout femme. A mon âge, beaucoup d’autres sont mariées ou sur le point de l’être et / ou maman ou sur le point de l’être. Tout ça est tellement loin de mes propres envies… Je suis d’accord pour rencontrer l’homme qui partagera ma vie mais pas du tout envie de me marier et encore moins de devenir maman.

Est-ce que je ne me sens pas femme parce-que je ne me sens pas féminine ? On m’a dit récemment que je m’habillais comme une ado et pas comme une femme (Remarque la personne qui m’a dit ça croit s’habiller comme une femme alors que pour moi elle s’habille comme une grand-mère, mais bref, ce n’est pas le sujet !). Peut-être aussi que je ne me sens pas femme parce-que je ne me sens pas adulte… Je crois surtout que je ne me sens pas femme parce-que je ne me sens pas… complète…

Celle que je suis…

Je suis une fille timide, réservée, introvertie, solitaire. En effet, je ne suis pas quelqu’un qui lie facilement amitié avec les autres. Ainsi, je ne me mets pas en avant, je ne sais pas vanter mes qualités. Je ne sors pas beaucoup, je n’ai pas tellement d’activités, en dehors du sport. Je suis quelqu’un qui ne voyage pas tellement voir pas du tout. En effet, je n’ai été que dans deux autres pays en dehors de la France. Je n’exploite pas assez les talents artistiques que j’aurais pu développer.

Je suis une fille qui refuse les rendez-vous avec les mecs. Car je suis cette fille qui a peur de la suite. J’ai peur de souffrir. J’ai peur de les faire fuir. C’est un cercle vicieux qui me suit depuis plusieurs années maintenant. Je me suis enfermée dans ce cercle et je n’ose et ne sait même plus comment en sortir. J’ai peur de ne pas être encore prête et de devoir les faire attendre encore. J’ai peur qu’ils ne patientent pas et donc à quoi bon commencer quelque chose qui fatalement finira encore une fois… Peut-être que j’ai encore peur de l’abandon…

Celle que j’aurais aimé être…

J’aurais aimé être l’inverse du genre de fille que je suis. En effet, j’aurais aimé ne pas être timide, ni réservée, un peu plus extravertie, pouvoir me lier d’amitié facilement. De plus, j’aurais aimé voyager et ne pas avoir peu de le faire surtout, même seule. J’aurai aimé être à l’aise en tout circonstances. Du coup, j’aurais aimé ne pas être cette fille stressée et anxieuse qui se pose dix mille questions jusqu’à se bouffer l’existence. J’aurais aimé être le genre de fille que rien ne déstabilise.

J’aurais aimé être plus en avance sur mon âge que en retard. Et ainsi, j’aurais aimé vivre plus d’expériences. J’aurais aimé être comme tout le monde en matière de sexualité et de vivre mes premiers amours au lycée. J’en ai vécu mais à sens unique, platoniques… J’aurais aimé perdre ma virginité plus tôt. Et puis, j’aurais aimé être plus à l’aise avec les mecs. De ce fait, j’aurais aimé être le genre de filles qui acceptent les rendez-vous sans se prendre la tête, et sans penser dès les premières minutes que je suis face à l’homme de ma vie…

J’aurais aimé être une fille qui ose plus d’extravagances en matière vestimentaire, pas forcément dans le genre loufoque mais plus dans le genre d’assumer son corps, ses formes et de s’habiller de façon plus féminine. J’aurais voulu être un peu plus séductrice, mais pas dans le genre manipulatrice. Juste être une fille qui assume sa féminité et qui se sent belle parce-qu’elle a confiance en elle. J’aurais aimé être une fille ayant confiance en elle. J’aurais aimé être libre et indépendante !

Ce que je peux changer pour me rapprocher de cette fille…

Je sais que je dois travailler sur toutes mes peurs pour pouvoir m’en affranchir et m’approcher du genre de fille / femme que je voudrais être. Je me mets beaucoup trop de barrières et il ne tient qu’à moi de les briser. Actuellement, je cherche un appartement et je pense que le fait de vivre seule pour déjà changer pas mal de choses car je pense aussi que je me bride du fait de vivre encore chez ma mère. Je pourrais oser sortir, chose que je ne fais pas parce-que je ne veux pas qu’on me pose de questions, là au moins, j’aurais personne à m’en poser !

Je peux jouer sur mes sorties donc, car je me suis inscrite sur des sites dédiés mais je n’ai jamais osé franchir le pas, que ce soit sur des sites amicaux ou des sites de rencontre d’ailleurs. J’aimerais être cette femme que je ne suis pas, celle qui est cachée au fond, qui ne demande qu’à s’affranchir, qui ne demande juste qu’à prendre confiance en elle pour pouvoir être enfin elle-même…

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A quel moment ai-je oublié de grandir ?

Je pense à cet article depuis des jours mais je ne sais pas comment l’aborder. Mes pensées risquent d’être confuses. J’y pense depuis quelques semaines désormais. J’ai eu comme un déclic qui m’est apparu et qui me paraissait expliquer le pourquoi du comment. J’ai eu 30 ans et pourtant je ne les fais pas. Les gens me le disent et je le ressens. Je ne sais pas à quel moment, mais j’ai oublié de grandir…

J’ai longtemps été très timide, je n’ai d’ailleurs que très peu d’amis, voir plus du tout car je m’en suis éloignée (mais ça c’est une autre histoire). Ma timidité s’est traduit par le fait que j’ai mis énormément de temps à faire les choses par moi-même. Il y a quelques années, c’est encore ma mère qui appelait le coiffeur pour moi par exemple… Je me suis longtemps réfugiée derrière les jupons de ma mère et d’ailleurs, je vis encore chez elle, même si je recherche un appartement.

Depuis que je travaille, j’ai quand même pris beaucoup sur moi et grandi au niveau du téléphone. De toute façon en travaillant à l’accueil, j’ai bien du me faire aux appels téléphoniques ! J’ose aller faire mes démarches toute seule, chose impossible il y a encore quelques années. Bon, j’ai encore du mal à demander des choses et à me faire entendre, mais ça j’imagine que c’est une histoire de caractère. Quoi que, il n’y a qu’au boulot que j’ai du mal à m’imposer parce-que sinon, il me semble que ça va… Enfin, je n’ai pas d’autres relations qu’avec le boulot et ma famille proche, donc bon…

Dans les relations amoureuses…

Mais là où j’ai clairement oublié de grandir, c’est vraisemblablement dans mes relations amoureuses… Je n’avais que 22 ans que j’ai eu mon premier copain. Et entre nous, plus un flirt qu’une véritable histoire d’amour. Nous n’avons pas été plus loin que les bisous même si notre histoire a duré un an… Quelques années plus tard, j’ai eu F. Une histoire d’un an également, qui est allée plus loin que le bisous mais pas aussi loin non plus étant donné ma virginité tardive.

L’autre jour, je m’interrogeais sur toutes les raisons qui ont conduit à cette situation aujourd’hui. Je pense qu’au delà de la timidité, il y a aussi le fait que j’ai probablement toujours été en décalage… Ma crise d’ado ? Je n’en ai jamais faite. Probablement parce-que je ne me suis jamais vraiment considérée ado et puis tout à coup, je suis devenue adulte sans savoir où étaient passées toutes ces années… Ces années où j’aurais du flirté, passé le cap, devenir « femme »…

Je suis restée une femme-enfant. Une fille. Pas une femme. Je ne me sens pas femme. Ni dans ma façon de m’habiller, qu’on m’a qualifiée de « ado » ni dans ma façon d’être sans doute. Je ne suis pas séductrice, ou du moins, je ne cherche pas à l’être. De plus, je ne suis pas sensuelle, je ne suis pas tactile. Je n’aborde jamais les mecs ou alors si je le fais, toujours de façon maladroite, pas assurée, telle une gamine… Je suis restée une gamine dans ma façon de faire, dans mes convictions amoureuses tout simplement.

… Conditionnée par les histoires d’ados dans les séries…

Je suis cette fille qui aiment les histoires d’amour dans les séries, dans les films, dans les livres. Et oui, je suis cette fille qui idéalise des histoires d’amour ressemblant à ces histoires de cinéma. Cette fille qui dit qu’elle ne croit pas au prince charmant mais qui l’attend toujours. Je suis cette fille attirée par les histoires impossibles, les histoires compliquées. En effet, je suis cette fille qui aime les connards, les bad-boys et qui croient encore qu’elle sera celle qui pourra les changer. Celle qui idéalise les cons qu’elle rencontre… Celle qui imagine des histoires romanesques…

Je suis cette femme de 30 ans dans une tête d’adolescente. Il y a un moment où j’ai oublié de grandir, où je ne me suis pas vu grandir, où je n’ai pas vu les années passer. Je suis cette fille qui aime les livres pour ados avec les histoires d’amour romanesque, impossibles et compliquées. Et je commence à comprendre pourquoi je ne suis jamais attirée par les bons garçons. Je suis cette fille dont le cerveau est embrigadé par ce genre d’histoires… Les mecs bien, je ne les vois pas. Non moi je vois juste le pauvre connard qui ne voit pas qui je suis… Je suis cette fille naïve qui croit encore au prince charmant, pas si charmant…

Je suis cette fille qui arrive encore à se faire avoir par des cons. Qui ne voient pas quand ils sont sérieux, quand ils rigolent, quand ils se foutent de sa gueule… Cette fille qui peut encore croire aux belles paroles. Je suis cette femme qui est restée adolescente et qui de ce fait n’a pas vraiment de retard… Après tout, physiquement, mes 30 ans, je ne les fais pas du tout ! Ceci dit, j’aimerais désendoctriner mon cerveau… Lui faire comprendre que non, rien n’est comme dans mes séries pour ado…

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Si un jour tu te demandes pourquoi tu t’appelles Charlie . . .

Je clame haut et fort ici et là, que je ne veux pas d’enfants… Et pourtant, il m’arrive parfois de rêver de toi… J’aurais aimé que tu sois un garçon… Je savais depuis longtemps que ça aurait été Éli… j’avais pour lui ce prénom en tête depuis mes 14 ans…

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Mais te voilà, dans mon ventre, toi petit bout qui pousse… Aujourd’hui, j’ai su que tu seras une fille… Et finalement, moi qui avais toujours voulu un garçon, je n’ai pas été déçue… Je me suis imaginée avec toi… je me suis vue te prendre la main, te voir rire, sourire. Je me suis vue te coiffer, t’habiller, et j’ai alors su qu’avec toi, j’allais trouver un sens à ma vie, alors non je n’ai pas été déçue…

Depuis de longues années, je t’avais trouvé un prénom : j’avais toujours dit que si un jour, j’avais une fille, je l’appellerais Charlie.

Alors forcément, quand j’ai su que tu serais une petite poupée, c’est ce à quoi j’ai pensé…

Mais, c’était sans compter sur les événements qui se sont produits, il y a tout juste un an…

Nous sommes le 07 janvier 2016 lorsque j’apprends ton sexe…

C’était il y an 1 an… Le 07 janvier 2015… Un attentat terroriste dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo… Suivi de deux autres jours d’attentats notamment dans un Hyper Cacher… Un attentat contre la liberté de la presse, l’expression… Une punition pour des dessins qui n’ont pas plu… Un élan de solidarité des français qui se regroupent sous un slogan « Je suis Charlie ».

Alors, en ce jour du 07 janvier, alors que ça fait un an, on se souvient tous, l’anniversaire de « Charlie ». Les français sont toujours profondément choqués… T’appeler Charlie maintenant, aurait une portée que je ne suis pas sûre de contrôler…

J’ai appris le sexe seule, ton papa avait beaucoup de travail et il ne pouvait pas se libérer. Alors quand je l’ai retrouvé ce soir là, je lui ai annoncé qu’il allait avoir une petite princesse, il était fou de joie : tu aurais vu ça !

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Il savait que ce prénom me plaisait beaucoup, quand je lui avais annoncé que depuis adolescente, je voulais Charlie pour une fille et Éli pour un garçon, il m’avait répondu que les deux prénoms lui plaisaient beaucoup et qu’il était d’accord pour appeler notre premier enfant par l’un ou l’autre de ces prénoms, peu lui importait le sexe d’ailleurs, ces deux prénoms étant mixtes !

Mais moi, je n’aimais pas Charlie pour un garçon et je n’aimais pas Ellie pour une fille.

Et puis, je lui ai fais part de mes doutes pour Charlie. Qu’il y a un an, ce prénom avait déversé une grosse polémique. Que ça devait être dur de s’appeler Charlie à l’époque et que ça le serait sûrement encore dans les années à venir…

Alors, nous avons décidé que nous te donnerions ce prénom qu’en deuxième choix. Et nous voilà partis dans des listes afin de voir si on pouvait avoir une idée de prénom commune.

5 prénoms de son côté, 5 prénoms du mien et oui, nous avions une correspondance. Lana. Tu seras donc Lana.

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La grossesse s’est bien déroulée du 1er au 9è mois. J’avais juste quelques angoisses de future maman. Et puis, 01 juin, contractions de plus en plus fortes. Perte des eaux. Nous sommes mercredi et ton papa ne travaille pas. Nous partons pour l’hôpital. On m’installe dans ma chambre. Les contractions continuent, on me donne de quoi les calmer jusqu’à ce que j’entre en salle de travail à 18h… A 20h30, tu pointais le bout de ton nez. Papa t’a coupé le cordon et la sage-femme t’as immédiatement mise dans mes bras après ton premier cri. Je t’ai regardé et puis j’ai pensé très fort « Charlie » dans ma tête à ce moment là, bien qu’avec ton papa nous nous étions mis d’accord sur « Lana »… Et au moment, où j’ai pensé ça, tu m’as souri. C’est toi qui as choisi. Alors quand la sage-femme m’a demandé comment nous allions t’appeler, j’ai regardé ton papa dans les yeux, et j’ai dit : « Elle est Charlie ». Ton papa m’a sourit et m’a dit qu’il avait espéré que je change d’avis, car lui aussi était revenue sur Charlie…

Alors, oui, ma Charlie, tu es française et un an et demi avant ta naissance, un journal qui portait ton prénom a été sali…

N’oublie jamais ta liberté d’expression et d’opinion ma chérie. Ma Charlie, je t’aime !

Ta maman

(Ce texte n’est que pure fiction, à part le fait, que Charlie est un prénom que j’ai toujours voulu donner à ma fille si un jour j’en avais une…).

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