Humeurs

Twitter ce réseau social où les gens lambdas se font juge ou avocat…

Avant, je n’aimais pas du tout Twitter. Je passais plutôt mon temps sur Facebook et je ne comprenais pas vraiment Twitter. Je ne comprenais pas son utilisation et je n’en trouvais pas vraiment l’utilité. Puis, j’ai commencé à voir que pour commenter les trucs débiles (ou pas!) que je regardais à la télé, c’était le réseau le plus adapté. Alors, je m’y suis mise et aujourd’hui, j’y passe même plus de temps que sur Facebook.

Mais, je vous avoue que bien souvent, ce réseau social me débecte. Les commentaires aberrants que l’on peut y trouver, c’est hallucinant. Je peux vous dire que c’est sur ce réseau que j’ai reçu le plus un flot d’insultes de la part d’inconnus qui n’étaient juste pas d’accord avec mon point de vue. Les gens jugent et prennent vos phrases hors contexte pour pouvoir vous attaquer. Le lot des personnes qui n’ont rien d’autre de mieux à faire dans leur vie.

Twitter est un réseau d’information aussi, le partage de l’information se fait de façon quasiment instantanée. C’est grâce à ce réseau que j’ai appris les attentats du Bataclan… En gros, Twitter est un excellent outil, à la fois pour s’informer. Mais aussi pour commenter ces informations, les programmes de télévision ou même tout et n’importe quoi. Twitter n’a pas vraiment la même fonction que les autres réseaux, qui eux te permettent plus de suivre tes amis. La plupart du temps sur Twitter, tu réponds à des inconnus ou des inconnus te répondent. Il suffit d’utiliser les bons hashtags lorsque l’on commente pour pouvoir être mieux vu.

Twitter, ce réseau où tu es lynché sur la place publique dès lors que tu n’as pas la même opinion…

Je ne pourrais pas me passer de Twitter aujourd’hui, car j’adore commenter mes programmes de télé. Par contre, j’ai aussi pris beaucoup de recul par rapport aux réponses que je peux parfois recevoir. Avant, je ne supportais pas que l’on m’insulte gratuitement et sans raison. Aujourd’hui, je ne le supporte toujours pas, mais en général je ne réponds plus ou je remets les gens à leur place sans tomber dans la bassesse d’insulter également. Avant, je rentrais juste dans le lard et sans prendre de gants.

Il faut dire que les gens insultent sans te connaître vraiment, et te jugent sur un tweet, qu’ils retranscrivent à leur manière, qu’ils interprètent à leur manière, souvent mal. Pas de seconde chance possible. Ils ne cherchent même pas à discuter avec toi pour comprendre ton point de vue, tu essayerais de leur expliquer que ce serait comme pisser dans un violon. Ils n’ont pas le temps, ils sont partis clasher bêtement et sans raison quelqu’un d’autre. Et puis, comme ils sont limités, ils ne t’auraient pas compris de toute façon…

Twitter c’est pire qu’un tribunal. Tu es à la fois expédié, pointé du doigt, mis sur la place publique et sur la guillotine. Les gens se prennent à la fois pour des flics, mais également pour des juges ou des avocats. Ils te dénoncent, parfois abusivement, puis ensuite te lynchent en groupe, parce-que c’est tellement plus drôle et tellement plus facile bien planqué derrière son ordinateur.

Les faits divers faisant la Une aux informations sont massivement commentés…

Les faits divers et les drames mis sous la place publique par les informations sont relayés, déformés et commentés. Les histoires comme l’affaire Maëlys ou l’affaire Daval sont massivement commentés dès et à chaque fois que les informations en parlent. Les gens y vont de leur propre avis, et condamnent, sans fondement. Sans savoir. Parce-que bon, on ne peut pas dire que les informations nous informent, elles nous bassinent surtout de choses qu’on sait déjà et cela tourne en rond sans qu’on en sache vraiment plus.

Que Nordhal ait enlevé et tué Maëlys, que Jonathann Daval ait tué sa femme, c’est à la justice de le prouver, aux enquêteurs de faire leur travail, et non aux lambdas qui traînent sur Twitter. Les menaces de mort sur ces personnes, qui seraient coupables, sont tout aussi graves, que ce que ces personnes auraient fait. Nous ne sommes personnes pour juger une peine, pour juger la vie des autres, sans les connaître. On ne sait pas ce qui se passait dans le couple Daval.

Attention, ne comprenez pas ici que je cautionne ce qu’a fait (je ne parle plus au conditionnel car il a avoué) Jonathann, pas du tout. Je veux juste dire qu’on a pas tous les éléments pour pouvoir comprendre comment cela a pu se passer. Est-ce que l’on peut parler de circonstances atténuantes lors d’un meurtre ? Je ne sais pas, je m’interroge, mais en tout cas, non je ne souhaite pas la mort d’un meurtrier, car je ne suis personne pour avoir droit de vie ou de mort sur un semblable.

© JP Baltel / SIPA

L’affaire JeremstarGate…

Il y a aussi eu l’affaire Jeremstar. En effet, depuis mi janvier, le blogueur est dans la tourmente suite à des accusations. Un certain Aqababe a ressorti des vidéos de Jeremstar intimes qui ne comportaient rien d’illégal. Il était mécontent que Jeremstar lui vole une photo sans le mentionner pour illustrer un de ses articles. Il a également formulé des accusations contre Pascal Cardonna, alias Babybel, un ami de Jeremstar.

Des accusations de viol sur mineurs et Jeremstar a été accusé de complice, Pascal l’utilisant comme appât pour attirer les mineurs chez lui. Jeremstar a démenti par un communiqué mais plus de nouvelles depuis, à part un autre communiqué où il se désolidarise de Pascal et nie avoir été au courant. Il est vrai que ça parlait parfois sexe ou autres dans leurs snap, mais de là à passer à l’acte, rien ne prouvait que ce n’était plus que des paroles.

Il y a eu ensuite une vague de mineurs déposant plainte. Ce qui me dérange dans l’histoire, c’est qu’elle a commencé suite au vol d’une photo, donc en gros, tu savais ce qui s’était passé mais si Jeremstar n’avait pas piqué ta photo, tu n’aurais rien dit ?! Je ne comprends pas. Tout à coup, tout le monde se réveillerait en même temps et parlerait de cette histoire, les langues se delient tout à coup alors que ça auraient duré pendant des mois voir des années. De plus, au moment où cela se serait passé, il a été prouvé que Jerem était en vacances dans un autre pays, donc ce n’est pas l’appât dénoncé ! Il y a tellement d’incohérences dans toute l’histoire qu’on ne sait même plus démêler le faux du vrai.

Une place qu’ils convoitaient ?!

Le fait que les blogueurs qui ont dénoncé Jerem, cherche aujourd’hui à prendre sa place, en créant des blogs gossip comme lui pour dénoncer, les faits et gestes des candidats de télé-réalité me fait doucement sourire. Quand ils ont dénoncé Jeremstar, une vague de tweets haineux contre lui sont apparus, comme quoi ils détruisaient les gens avec ses scoops, et ses soi-disant victimes reproduisent aujourd’hui la même chose ?

Je ne sais pas le fin mot de l’histoire, personne ne le sait. La justice suit son cours. Là encore, les gens condamnent, parlent sans savoir, jugent. Les tweets sont haineux et parfois dangereux. Les gens inventent des chosent pour crédibiliser leurs dires. Les gens se prennent pour des justiciers, flic, juge ou avocat. Il est si facile, derrière son petit écran, de critiquer, de juger, d’insulter, de faire des tweets aux propos haineux et dangereux en étant fondu dans la masse et en ne risquant rien. Quoi que, je crois que ces gens oublient que les propos diffamatoires peuvent être enregistrés et condamnés.

© JF Badias/ANDBZ/ABACAPRESS.COM

Bertrand Cantat, l’homme à abattre…

Plus récemment, c’est l’affaire Bertrand Cantat qui me débecte. Tout le monde sait que le chanteur a tué sa femme en 2003. Il a purgé une peine. Libéré en 2007 sous libération conditionnelle puis libération totale en 2011. Aujourd’hui, il revient progressivement sur la scène et plusieurs festivals l’ont convoité pour cet été. Dans plusieurs de ces villes où il est prévu, des pétitions, des manifestations ont vu le jour. Les gens s’indignent de la venue du chanteur. Que cela blesse la famille de ses exs-femmes, je le comprends. Qu’il continue sa vie, alors que leur fille est morte, et que cela les blesse, je l’entends.

Mais les gens lambdas qont qui pour décider qui doit venir à un festival ou non ? Ceux qui n’y participent même pas en tant que spectateurs, pourquoi ont-ils le droit de décider ? Et puis même ceux qui y participent en fait ? Personne ne te dit de venir voir Cantat, si cela ne te plaît pas. Mais quand je vois les commentaires sur Twitter, ça m’indigne. Je ne comprends pas.

Mais qui sont ces gens pour se prendre pour des justiciers ?

Je ne suis pas fan de Cantat, je trouve ça juste aberrant de voir que les gens se prennent encore pour des justiciers. Qui sommes-nous pour se mettre au dessus de la justice ? Que ça déplaise, il a purgé une peine. Que celle-ci ne soit pas à la hauteur est une chose, mais qu’il soit menacé de la sorte sur les réseaux en est une autre. Et que les gens aient le pouvoir de décision sur son sort, je ne le comprends pas. Il a purgé une peine, on le libère, qu’on lui laisse le droit de continuer son métier. Sinon, autant condamner à mort tous les coupables…

Je continuerai de twitter mes programmes tv, de donner mes opinions, mes jamais je n’utiliserai Twitter pour condamner untel ou untel, pour juger des choses qui ne me regardent pas et dont je n’aurais jamais le fin mot de l’histoire. Je pense que les personnes qui s’en donnent le droit sont des personnes sans éducation, sans valeur morale, sans respect. D’ailleurs, preuve en est leurs insultes quand tu essayes (en vain, les cons restent cons) de les remettre sur le droit chemin…

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14 thoughts on “Twitter ce réseau social où les gens lambdas se font juge ou avocat…”

  1. Je suis fan de Twitter, mais pas pour cette facette juge avocat qui est horrible et reflète notre société.
    La force de Twitter pour moi ce sont les listes qui te permettent de choisir les tweets que tu souhaites voir

    1. oh bah tiens, j’ai encore des choses à apprendre de Twitter moi ! Qu’est ce que c’est que cette histoire de listes, je ne connais même pas ! Peux-tu m’expliquer ?! merci pour ton commentaire !

  2. Le problème avec la justice, c’est que justement, elle fait souvent bien mal son travail (Cantat a pris très peu pour un meurtre aussi violent, par exemple, surtout quand on voit qu’un SDF peut prendre plusieurs mois fermes pour le vol d’un paquet de pâtes).
    Dans l’affaire Daval, il y a la maladresse de l’avocat de l’accusé qui ne pouvait que faire réagir, aussi, parce qu’il était dans la culpabilisation d’une victime qui ne peut plus se défendre.
    Je trouve normal que les gens réagissent à l’actualité chaude, après je suis d’accord, il y a de sacrés teubés sur ce réseau (comme sur les autres), qui ne savent pas argumenter et qui sont juste là pour mettre le feu aux poudres. Certains sont hyper virulents, mais ce n’est pas spécifique à twitter, il n’y a qu’à voir FB et la violence dans les commentaires des articles parlant d’allocations par exemple.
    C’est dommage de ne pas pouvoir avoir de discussion correcte avec ces gens, mais je n’ai pas envie de voir disparaître la possibilité de réagir à chaud. De pouvoir critiquer la justice qui agit, on ne peut pas le nier, à deux poids deux mesures.

    1. La justice n’est pas actuelle, n’est pas adapté est à refonder de A à Z.
      Que les gens réagissent, s’interrogent, je le conçois, mais qu’ils jugent, qu’ils disent trop de merdes, ça me débecte.
      C’est ça qui est dommage, parler avec ces gens est impossible et peine perdue !
      Merci pour ton commentaire 🙂

  3. Totalement fan de Twitter, du fait que les infos sont quasi instantanées, j’adore certains comptes, adeptes de petites phrases pétillantes ou percutantes qui enjolivent le quotidien. Il y a des virtuoses dans le domaine.
    Pour le reste…Je me suis toujours tenue éloignée des comptes hasardeux, litigieux, ne suis jamais rentrée dans des polémiques stériles. Mais je n’ai pas ré-ouvert de compte après avoir changé de blog. J’étais devenue addict et y passait trop de temps.
    Je comprends totalement ton point de vue et rejoins ce que décris. On peut facilement glisser sur cette pente sur Twitter.

    1. Oui les infos instantanées ça c’est cool, vraiment ! ça a permis pleins de belles choses aussi. par exemple des gens pendant les attentats qui recherchaient des abris et qui ont trouvé, c’est cool.
      Oui je comprends qu’on puisse y devenir addict.
      Merci en tout cas pour ton commentaire et ton avis ! 🙂

  4. Les réseaux sociaux ne font rien d’autres que de mettre au grand jour ce que les gens gueulent devant leur télé à l’heure du JT…
    Je pense aussi que, comme les affaires sortent au grand jour, chacun pense avoir le droit de prendre la place du juge, du jury, ou des avocats… C’est quand même assez désastreux…

    Sur les circonstances atténuantes je me suis un peu renseignée (vive L’encyclopédia universalis !). Un extrait : « […] Une loi de 1824 les appliqua à quelques crimes, mais il fallut attendre la loi du 28 avril 1832 pour que, devant l’attitude des jurés qui préféraient acquitter plutôt que de voir prononcer une peine trop lourde, les circonstances atténuantes fussent généralisées à l’ensemble des crimes. […] Abrogés par la loi du 16 décembre 1992, le mécanisme des circonstances atténuantes et la mention du minimum des peines n’ont pas été repris par le nouveau Code pénal. La disparition du minimum des peines marque la volonté du législateur de reconnaître au juge la plus grande liberté dans le choix de la nature de la peine (parmi celles qui sont encourues pour l’infraction dont il est saisi) et dans celui de son quantum (sous réserve de certaines restrictions en matière de peine de réclusion ou de détention criminelle, notamment) ; en conséquence, le mécanisme des circonstances atténuantes n’avait plus de raison d’être. Les juridictions n’ont donc plus à motiver leur clémence par l’octroi de circonstances atténuantes. En revanche, elles peuvent invoquer des causes d’irresponsabilité ou d’atténuation de la responsabilité liées à la personnalité de l’auteur de l’infraction comme aux circonstances dans lesquelles celle-ci a été commise. » – Joël GREGOGNA, « CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mars 2018. URL : http://www.universalis-edu.com.ezproxy.normandie-univ.fr/encyclopedie/circonstances-attenuantes/

    1. Merci pour les informations !
      Je ne savais pas que cela avait été abrogée tu vois, pourtant il me semble que dans la pratique cela existe encore non ?

      1. Non, pas exactement, c’est expliqué dans le passage que je cite.
        En fait, comme le législateur voulait donner une plus grande marge de manoeuvre au juge en choisissant la peine parmi celles proposées (en gros amende ou prison, sursis ou pas, etc.) et la quantité (5, 10, 15 ans de prison, dont 5 ferme, par exemple), les circonstances atténuantes n’avaient plus lieu d’être. Par contre, comme dit, on peut déclarer l’irresponsabilité. Par exemple un schizophrène avec une forme violence de schizophrénie, qui ne serait pas encore soignée, et qui ne se rendrait pas compte de ce qu’il fait.

        1. Bah il y a encore des remises de peine dans la pratique. Cantat déjà condamné à 8 ans je crois parti au bout de 4. Ou je me trompe mais ça ne doit pas être le seul exemple. Bcp font moins que le nombre d’années de peine qui leur a été attribué.

          1. On change de sujet, là…
            Circonstances atténuantes et remises de peine c’est pas la même chose.
            Circonstances atténuantes c’est avant que l’on prononce la sentence, et remise de peine c’est quand le mec est en prison. Donc ça n’a rien à voir. Un mec peut avoir la peine maximale proclamée, et une remise de peine… c’est pour bonne conduite, et avec psychothérapie et tout. Mais, encore une fois, circonstances atténuantes et remises de peine ça n’a aucun rapport.

          2. Ouiiiiii c’est moi, je voulais parler de remise de peine en ce qui concerne Cantat, je me suis mélangée les pinceaux !

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